Les problèmes urinaires

Problèmes urinaires

Les problèmes urinaires deviennent vraiment évidents après l’âge normal d’acquisition de la propreté. La vessie est dite « neurologique » (pas de réaction nerveuse) et est le siège de variations anormales de volume conduisant au risque de résidu, d’infection, de fibrose vésicale et surtout de souffrance des reins. Ces risques exigent une surveillance radiologique et urodynamique régulière, afin d’impérativement préserver le haut-appareil.

Les troubles neurologiques concernent la vessie (qui est elle-même un muscle) et/ou le sphincter. Les anomalies de fonctionnement peuvent être :

(1) ou bien, la vessie se contracte de façon anarchique, quand elle ne le devrait pas (vessie non-inhibée, hyperactive), mouillant soudainement le patient
- si les résistances du sphincter sont faibles : la vessie se vide à chaque fois, sous faible pression
- si les résistances du sphincter sont élevées, la vidange reste incomplète et se fait sous pressions élevées

(2) ou bien, la vessie est paralysée et n’arrive pas à se contracter quand elle le devrait (vessie atone ou hypoactive)
- si les résistances du sphincter sont faibles : il n’y a pas d’urine stockée dans la vessie car l’écoulement est permanent
- si les résistances du sphincter sont élevées, l’urine s’accumule (rétention) et distend la vessie dont le trop-plein s’écoule en goutte à goutte (incontinence par regorgement).

Traitements

L’objectif de tout traitement vise essentiellement à faciliter la vidange des urines en protégeant les reins.

Le sondage intermittent propre par les voies naturelles améliore le temps de continence, diminue le risque d’infection (n’ont d’importance que celles avec fièvre et/ou douleur abdominale). Se sonder, c’est introduire un petit tuyau souple (appelé sonde ou cathéter) dans l’urètre. Ce sondage (indolore dans la plupart des cas de vessie neurologique) est toujours appris facilement par les parents à qui on le montre. Après 6 ans, le jeune motivé et habile de ses mains peut effectuer ce sondage, si sa déambulation est autonome.

On pourra parfois pratiquer l’intervention dite de "Mitrofanoff" (cystostomie étanche). Cette intervention consiste à créer un nouvel accès (stomie) à la vessie pour permettre les vidanges vésicales par sondage. On passe une sonde par un petit conduit qui peut-être l’appendice, qui va de la peau à la vessie. L’appendice est alors branché dans la vessie par un système anti-reflux qui empêche les fuites par la stomie.

Le port de langes ou d’un collecteur d’urine reste cependant fréquent.

Dans des cas précis (et limités), un sphincter artificiel sera proposé à ceux, peu nombreux, qui bénéficient en outre d’une vessie suffisamment souple et contractile. Ces jeunes doivent être motivés et disciplinés pour vider à heure régulière leur vessie.

Quelle que soit la solution retenue, un agrandissement chirurgical de la vessie à l’aide d’une plastie d’intestin peut être nécessaire afin d’éviter de fortes pressions dans celle-ci et un risque de reflus vers le haut-appareil (reins).

Enfin, la prise régulière d’antibiotiques pour éradiquer les infections doit absolument être observée, sous peine d’atteintes irréversibles aux reins.

A lire :

« Prise en charge actuelle de la vessie neurogène chez les patients souffrant de méningomyélocèle »

« Education et Traitement des Problèmes vésico-sphinctériens de l’Enfant et de l’Adolescent »

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