Troubles intestinaux

Description

L’intestin terminal, le rectum et l’anus sont aussi privés de commande et souvent de perception de besoin. La paresse intestinale est fréquente : il peut en effet exister une perturbation de la motricité colique entraînant une constipation de transit, avec son cortège de fausses diarrhées. Les conséquences sur l’individu de l’incontinence fécale (incapacité à retenir les fécès) ou anale (incapacité à retenir les gaz et les fécès), varient selon l’âge, la gravité et la fréquence, l’environnement familial ou scolaire, l’intégration dans une institution spécialisée. Dans certains cas, cela peut aboutir à une condition désespérante dépassant les difficultés relatives à l’incontinence urinaire. L’estime de soi, la relation avec les autres à l’occasion de l’intégration scolaire et professionnelle peuvent être particulièrement entravées.

Traitements

Sur le plan intestinal, il n’y a pas de panacée : un traitement aura des effets différents d’un sujet à l’autre. Le régime fibreux, les laxatifs doux (si possible à base de plantes), les massages, l’évacuation manuelle (digitale), le lavement ont chacun leur place un jour ou l’autre. Si on a recours au lavement, l’usage d’une canule rectale à ballonnet gonflable (sonde de Pouliquen), est indispensable. Ce ballonnet permet une obturation temporaire de l’anus et facilite ainsi la rétention du liquide injecté, liquide que la personne avec spina bifida ne peut retenir naturellement du fait de la paralysie du sphincter. Le respect rigoureux d’un rythme régulier permet d’habituer les intestins à ce traitement et réduit ainsi au maximum les risques d’incontinence fécale.

Le principe du lavement colique antérograde, tel qu’il a été décrit par Malone, apporte un recours thérapeutique qui répond tout à fait à la constipation opiniâtre et à l’incontinence fécale. Il consiste à injecter directement l’eau du lavement au niveau du cæcum, via un conduit (en général, l’appendice) abouché au fond du nombril, conduit dont le calibre admet facilement le passage d’une sonde d’un diamètre de 3 à 4 mm, pour stimuler la motricité colique et favoriser l’évacuation des selles par les voies naturelles.

La répétition des lavements (tous les jours, au mieux tous les deux jours), leur planification, l’utilisation d’un matériel et la difficulté de se passer de l’aide d’une tierce personne sont souvent vécus par les personnes atteintes de spina bifida comme une entrave à leur autonomie.

A lire :

« Témoignages »

« Les troubles ano-rectaux des pathologies médullaires, radiculaires et prise en charge », exposé présenté par le Pr Laurent Siproudhis (CHU Pontchaillou - Centre de référence Spina Bifida - Rennes) lors du Symposium "Périnée et pathologie radiculo-médullaire" d’octobre 2009, organisé par le Centre de référence Syringomyélie (CHU de Bicêtre, LE KREMLIN BICETRE - France).

« Le traitement de l’incontinence fécale », exposé du Prof. Reding, et « Prise en charge par la kiné des troubles ano-rectaux », extrait d’un mémoire de licence en kinésithérapie

« La technique de Malone », exposé présenté par le Dr Lemelle (CHU Hôpital d’enfants - Nancy) au Congrès de la Fédération Internationale SB, Toulouse, 2000)

« La caecostomie percutanée par voie endoscopique (CPE) : Une nouvelle option thérapeutique dans le traitement de l’incontinence anale », par E. Coron, G. Meurette, M. Le Rhun, S. Bruley des Varannes, P. Lehur, suivi de « Gestion colique par lavement antérograde : Intérêt du bouton de caecostomie placé par laparoscopie », par Dr Martine Demarche et Dr Patrice Erpicum, et suivi de « Lavements antérogrades : quel accès colique ? », par F. Hameury, P-Y. Mure, Th. Basset et P. Mouriquand - Service de Chirurgie Pédiatrique , Hôpital Debrousse, Hospices civils de Lyon.

« Education et Traitement des Problèmes vésico-sphinctériens de l’Enfant et de l’Adolescent »

« Consensus Conference on Treatment Options for Fecal Incontinence (Saint Vincent Oct 2002) »

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